« Oui il y a mutation ... mais la mauvaise nouvelle serait de résister ! »

Annie Fachetti - Ariège Expansion - 14 Mars2013




Anthropologue et psychothérapeute, chercheur et consultant en pratiques sociales et médico-sociales, Serge Escots intervenait ce 13 mars 2013 dans la pépinière d'entreprises Cap Delta à Verniolle, convié par Ariège Expansion, pour échanger et débattre sur le défi que représente le management des nouvelles générations. Plus d'une cinquantaine de personnes avait répondu à cette invitation. Principalement des chefs d'entreprises, responsables des Ressources Humaines ou conseillers d'entreprises.

Comme le rappelait Alain Grenier, Président de l'agence départementale de développement économique, « les entreprises sont aujourd'hui confrontées simultanément à un mode de plus en plus complexe, où les mutations s'enchaînent de plus en plus vite, où les risques sont de plus en plus présents et surprenants ... et où les concurrences sont de plus en plus diverses et agressives ... Dans un tel monde, l'immobilisme serait fatal et les entreprises doivent donc bouger vers plus de compétitivité ».
« La mauvaise nouvelle serait de résister ! » affirmait Serge Escots. Utilisant la métaphore de la vague (sur laquelle nous devons surfer avant qu'elle ne nous engloutisse), il tentait de nous expliquer le changement anthropologique auquel nous assistons. « C'est un changement qui affecte l'humain, pas seulement le social ou la façon d'être en société, qui façonne notre esprit et notre corps ... et pourquoi pas demain notre génétique » !
Nous sommes passés de l'ancien à un nouveau monde ! Et il est déjà trop tard, d'après l'anthropologue, pour hésiter ou refuser cette mutation. Nous sommes passés d'un monde vertical où l'autorité (paternelle, divine, phallique) qui se présente comme la porte vers la socialisation et le savoir ... n'est plus légitimée par l'organisation sociétale post-moderne. Où l'identité appartenancielle, basée sur la reconnaissance, l'hétéronomie ... s'est transformée en identité individuelle, basée sur l'autonomie, où l'individu prime sur le collectif, même si l'Homo Sapiens a toujours besoin des autres. Où « tout est interdit, sauf ce qui est expressément autorisé » est devenu « tout est possible, sauf ce qui est expressément non négociable », où la culpabilité « fondamentale » a muté en culpabilité « conjoncturelle ».

Alors ! Comment faire du collectif avec des individualistes ?
Peut-être faut-il tout simplement faire appel aux fondamentaux, rappelait Anne-Marie Soula, consultante en management des ressources humaines en entreprise. « Gérer les ressources humaines, manager des personnes, créer et maintenir des relations de travail constructives est un exercice délicat ». Les besoins des nouvelles générations ne sont peut-être pas aussi éloignés des besoins des autres générations ! Cependant ces « digital natives » les expriment haut et fort et n'hésitent pas à aller ailleurs s'ils ne sont pas entendus.
Parmi leurs attentes : une entreprise humaine, du sens, une relation d'égal à égal grâce à un management participatif et collaboratif, de la stimulation, de l'autonomie et de la communication afin de rendre plus explicite ce qui semble très implicite à celles et ceux de « l'ancien monde » !
Parmi les outils évoqués par Anne-Marie Soula, citons les techniques de communication active, la cohésion d'équipe, la gestion du stress, le management personnalisé, participatif, de proximité, le savoir-être, l'exemplarité, la délégation, la régulation et l'identité collective.
Une combinaison qu'elle préconise souvent lors des ces interventions en entreprise.

En guise de conclusion, comme l'a évoqué Serge Escots ... peut-être pour « rassurer » l'assemblée ... « les « Y » ne sont pas bizarres, ils sont justes dans leur époque ! » et développent une forme d'intelligence qui leur permettra, peut-être, d'affronter les défis sociétaux, environnementaux ... de ce «nouveau monde », dans lequel nous les avons conviés.

Plus d'infos sur : contact@ariege-expansion.com





Posté le 14/03/13 par Annie Fachetti
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